Le Flamand pédale plus, mais réclame des pistes cyclables plus larges et des parkings à vélos plus sûrs
Le Flamand utilise plus souvent le vélo, particulièrement pour se rendre au travail. C'est ce qui ressort de l'étude biennale FietsDNA. Malgré des investissements accrus dans les infrastructures cyclables, le cycliste flamand se montre critique vis-à-vis des pistes cyclables : elles doivent surtout devenir plus larges. De plus en plus de personnes optent pour un vélo électrique ou un speed pedelec (un vélo électrique rapide), tandis que les vélos-cargos et les vélos en libre-service ont également le vent en poupe.
Le vélo est de plus en plus ancré dans l'ADN des Flamands. C'est ce qui ressort des chiffres de FietsDNA, l'étude biennale de Fietsberaad Vlaanderen, qui a interrogé 2 000 Flamands sur leur utilisation du vélo.
Le nombre total de déplacements à vélo a augmenté de 1 % par rapport à il y a deux ans. Les trajets domicile-travail à vélo ont progressé beaucoup plus rapidement, avec une hausse de 3 %. Wout Baert, de Fietsberaad, qui a mené l'étude, voit dans les vélos de leasing proposés par les entreprises à leurs employés l'une des explications de cette forte augmentation.
« L'infrastructure s'améliore constamment en Flandre », déclare Baert. « On investit continuellement dans les autoroutes cyclables et les pistes cyclables, mais nous constatons par ailleurs que de plus en plus d'entreprises font appel à des programmes de leasing de vélos. Cela permet aux gens de disposer d'un vélo neuf et de meilleure qualité, avec lequel ils aiment se rendre au travail. »
Économique et rapide
Les Flamands ont plusieurs raisons d'enfourcher plus souvent leur vélo . L'étude montre que le Flamand prend son vélo avant tout parce que c'est économique et rapide. En deuxième lieu, le Flamand le fait parce que c'est écologique, et en troisième lieu pour sa santé.
« Auparavant, nous constations que les gens avaient des raisons un peu plus idéologiques pour faire du vélo », explique Baert à ce sujet. « Par exemple parce que c'était respectueux de l'environnement ou bon pour leur propre santé, mais aujourd'hui, nous voyons que les gens pédalent surtout parce que c'est facile et bon marché. Cela rejoint également des pays comme le Danemark et les Pays-Bas. La Flandre rattrape ainsi véritablement son retard sur les pays cyclistes européens. »
Avec 16 % de l'ensemble des déplacements effectués à vélo, la Flandre occupe la deuxième place ex æquo avec le Danemark. Seuls les Pays-Bas font mieux, avec 28 % de l'ensemble des déplacements effectués à vélo.
Des pistes cyclables plus larges
Face au succès du vélo et à la forte augmentation des vélos électriques, des speed pedelecs et des vélos-cargos, le Flamand se montre plus critique envers les infrastructures cyclables. 25 % des Flamands sont insatisfaits de ces infrastructures. La moitié estime que les pistes cyclables sont insuffisamment adaptées aux vélos électriques, et pas moins de 70 % considèrent qu'elles ne le sont pas assez pour les speed pedelecs.
Plus de cyclistes signifie naturellement plus de monde sur les pistes, mais avec la plus grande variété de types de vélos et de vitesses, les dépassements sont plus fréquents. « Nous constatons à de nombreux endroits que les pistes cyclables construites sont encore trop étroites », observe Baert. « Non seulement il faut plus d'espace pour se dépasser, mais le vélo est aussi un acte social. Les gens veulent pouvoir rouler côte à côte pour discuter, tout comme en voiture. »
« Le vélo-cargo devient ainsi une deuxième, voire parfois une première voiture, surtout en ville. »
Wout Baert, Fietsberaad
L'augmentation du nombre de vélos-cargos est frappante. « Nous voyons qu'aujourd'hui, une famille avec enfants sur dix possède déjà un tel vélo. C'est une bonne chose », déclare Baert. « Cela rend le vélo accessible et le vélo-cargo devient ainsi une deuxième, voire parfois une première voiture, surtout en ville. »
L'étude révèle par ailleurs que les cyclistes souhaitent des parkings à vélos plus sûrs et plus confortables. Pour encourager la mobilité combinée, par exemple associer le vélo au bus ou au train, il est indispensable de disposer de parkings sécurisés et confortables où les cyclistes peuvent stationner leur vélo en toute tranquillité.
Percée
Un autre point marquant de l'enquête est l'augmentation de l'utilisation des vélos en libre-service. Les cinq fournisseurs de vélos partagés (Blue-bike, Cloudbike, Donkey Republic, Mobit et Velo Antwerpen) gèrent ensemble précisément 8 000 vélos. En 2019, ces vélos en libre-service ont effectué plus de 7,3 millions de trajets.
« En 2018, l'utilisation était encore très limitée », explique Baert. « Aujourd'hui, nous constatons qu'un Flamand sur dix a déjà utilisé un vélo en libre-service, ce qui constitue une véritable percée. Ils sont principalement utilisés en combinaison avec les transports publics pour parcourir le dernier kilomètre vers une réunion ou un événement. »
Tout comme en 2018, il a été demandé aux cyclistes ce qu'ils pensaient du comportement routier des uns et des autres : comment s'évaluent-ils eux-mêmes et comment évaluent-ils les autres usagers de la route ? Les résultats montrent que le besoin d'une meilleure mentalité chez les automobilistes reste la priorité numéro 1, bien que le taux de satisfaction à cet égard soit en hausse.
Le Flamand est désormais moins satisfait de l'attitude entre cyclistes par rapport à 2018. L'affluence accrue sur les pistes cyclables pourrait bien y être pour quelque chose.
VRT News - Gunter Joosen, samedi 26 septembre 2020